Sapiosexualité et neuroAtypicité dans le même flacon

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Traduction en français : Gauthier Nicolle-Chalot

La sapiosexualité désigne l’attirance (sexuelle) pour l’intelligence. Pourquoi le mot « sexuel » est entre parenthèses ? Parce qu’il est question avant tout d’une attirance à l’intelligence et à la culture générale d’un individu, en tant que critère principal dans le choix du partenaire, qui peut être suivi d’une attirance sexuelle si le premier critère est satisfait. Ainsi, l’homme ou la femme sapiosexuel(le) recherche d’abord un échange intellectuel (sapio : raisonnable, sensé), au cours duquel s’éveille d’abord et avant tout un intérêt intellectuel pour l’individu. Pour eux, la synergie intellectuelle fait naître une relation qui peut tout à fait rester platonique. Les sapiosexuels sont stimulés par l’originalité de la pensée de l’autre qui peut amener à porter un autre regard sur le monde. Un new point of de view en son genre…

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© Mark Samsonovich | loveistelepathic.com

Dans une certaine mesure, on peut dire que chez les sapiosexuels l’intérêt intellectuel pour les représentants du sexe opposé peut être le catalyseur de l’attirance sexuelle et du choix du partenaire. Même si l’apparence physique ne correspond pas complètement à ses critères de beauté, le sapiosexuel peut ressentir quelque chose de plus fort pour un interlocuteur captivant qu’un simple plaisir à débattre, disons, de la philosophie allemande du milieu de la deuxième moitié du XIX siècle.

La sapiosexualité est une attirance inconsciente pour un partenaire intéressant, inconsciemment perçu comme permanent, même s’il est d’avance évident qu’il ne s’agira pas d’une union pour la vie. Cependant, dans l’inconscient des sapiosexuels une jauge mesure constamment les qualités intellectuelles du partenaire potentiel attestant la compatibilité pour passer le reste de sa vie avec. N’importe quelle victime potentielle est passée à travers ce centre cérébral, même si d’office elle est sélectionnée pour une relation vraiment courte. On décrit des cas de sapiosexuels attirés par des écrivains, des enseignants, des intellectuels reconnus etc. J’ignore personnellement à quel point ces histoires d’amour à distance peuvent être réelles et profondes du point de vue de l’attirance et/ou des sentiments, mais cela me semble une exagération (si ce n’est une pure invention). Néanmoins, je ne critiquerai pas ce que je ne connais pas.

Comparée à l’apparence, l’intelligence est moins périssable. On peut même l’assimiler, contrairement à l’apparence, au capital s’accumulant tout au long de la vie. Bien sûr, à condition que son propriétaire soit intéressé par cette capitalisation. Les sapiosexuels justement, en tant que type d’individu ostensiblement enclin à l’accumulation du capital intellectuel, préfèrent les discussions intéressantes à la seule beauté d’un corps nu.

Il n’est pas rare que ce genre d’ermites insociables ait tendance / préférence à vivre dans l’isolement et la solitude.

 

 

Qu’est-ce qu’on copie sur l’ effet de mode

Ce qui importe les sapiosexuels c’est non pas tant comment ils passent leurs temps, mais avec qui !
À en croire tout ce que disent au sujet de la sapiosexualité les blogs et les revues avec une haute auto-estime (comme, par exemple, Психология, Psychologie), ce phénomène n’est rien de plus qu’un effet de mode apparu dans les dernières décennies avec les technologies d’information, mais aussi importé d’Hollywood. Incontestablement, la télévision est un phénomène en soi phénoménal, et pas exclusivement celui produit par Hollywood. Il suffit d’y montrer n’importe quelle bêtise (et il y en a déjà plus que l’on peut supporter) pour que de nombreux représentants de la société ressentent de manière inexpliquée la nécessité d’imiter tout ce qu’ils y ont vu. Serait-ce là un mimétisme animal inconscient ? Mais passons…

À noter qu’en évoquant les médias (blogs, revues etc.), je ne parle pas uniquement du web francophone, car j’ai comparé les articles écrits sur le sujet en français, en anglais et en russe. Or, géographiquement et démographiquement parlant ce n’est pas une maigre population, dont l’opinion, au moins en partie, est formée par ces médias. Et voici un fait intéressant: la majorité des articles que j’ai lus sur ce nouveau thème de la sapiosexualité en français et en russe (qu’il s’agisse de sites russes ou ukrainiens) sont bêtement traduits des sites américains (dans certains cas par un traducteur automatique), à peine mentionnant la source en petite police…

Comment expliquer ceci ? Par l’absence de sa propre réflexion ou par l’attrait pour les tendances outre-atlantiques ? J’ai bien l’impression que les deux à la fois. Car la majorité des idées américaines (pas seulement sur le sujet en question) est en général copiées machinalement, sans le moindre soupçon d’approche intellectuelle et/ou critique.

 

EXEMPLE DE CRITIQUE D'UNE ÉTUDE AMÉRICAINE

Au cours de mes recherches sur le sujet, je suis même tombé sur cette définition absurde qui tentait d’expliquer le concept de sapiosexualité : « excitation érotique générée par l’intelligence et la culture générale d’un individu ». Le truc, c’est que l’excitation peut être sexuelle, quant à l’érotisme, il en est le prérequis. Or, pour reformuler ladite citation dans un français correct, pour les sapiosexuels l’érotisme (en son genre) est l’intelligence et la culture de l’autre est ce qui représentent un stimulus de leur attirance sexuelle (et plus tard, de l’excitation).
Eros (grec) : amour, passion. L’érotisme est une forme de sensualité orientée vers la vie sexuelle ou sa représentation. Au sens large, c’est tout ce qui renvoie à l’amour sexuel ; dans un sens plus étroit, il s’agit des aspects psychologiques de la sexualité, de son développement et de ses manifestations dans les relations sociales, la mode, l’art etc.

 

 

La sapiosexualité : féminin ou masculin ?

сапиосексуальность-нейроАтипичностьDans les commentaires aux articles sur la sapiosexualité revient souvent une question posée par des femmes du monde entier : « Les hommes sont-ils capables (en principe) de s’intéresser aux femmes intelligentes ? », et surtout ne pas en avoir peur (?!). Il semble qu’on fasse allusion ici au fait que les hommes craignent la destruction du système patriarcal par des représentantes intelligentes du sexe faible. On trouve aussi une conception sans équivoque et généralisée à l’extrême de la gente masculine : « Ils sont incapables de penser à autre chose qu’aux blondes 90-60-90 ». Voici l’exemple concret d’une sexologue suisse de Lausanne étonnée des résultats d’une mini-étude journalistique allant à l’encontre de sa conception habituelle et (semble-t-il) totalement sclérosée :

Il m’a toujours semblé que les hommes, par essence, jugent plus avec leurs yeux, alors que les femmes ont un plus large panel de critères pour le choix d’un partenaire.

Évidemment, j’avais hâte d’apporter ma propre réponse-commentaire aux jugements « hautement intellectuels » du genre, mais j’ai tout à fait par hasard trouvé l’avis d’une psychologue russe, que je me contente volontiers de citer :

Les hommes sapiosexuels n’ont pas peur des femmes intelligentes, au contraire, ils les recherchent.  Je ne crois pas au mythe de ces femmes trop fortes qui souffrent de leur propre autonomie, de leur autosuffisance qui les empêchent de trouver un mari à la hauteur. Le sexe fort les éviterait et ne supporterait pas leur concurrence. Souvent le problème des « femmes de fer » est tout autre : en quête d’une force inouïe, de l’importance et de la toute-puissance, certaines femmes peuvent perdre ce qui leur reste de féminité, deviennent grossières, acides, exigeantes et intransigeantes, elles perdent l’habitude d’accepter les compliments et de voir dans les hommes de dignes représentants du genre humain. Pour une femme il importe de savoir se réaliser sans l’aide d’un homme sans se réincarner en geôlier en jupon. 

Depuis tout petit, je me souviens également très bien d’une phrase célèbre en Russie : « Les hommes aiment avec les yeux et les femmes avec les oreilles ». J’y ai toujours répondu que les hommes étaient capables d’aimer avec les oreilles aussi bien que les femmes avec les yeux. Il n’est pas difficile de deviner qui me disait cette phrase et à qui j’expliquais le contraire…

 

 

Le boom technologique

En lisant tout ce qui peut se trouver sur ce sujet encore peu connu, une question m’est venue : comment expliquer que le néologisme sapiosexualité ait à peine quelques années et, en plus, il ait été prononcé pour la première fois par une actrice britannique et non par un neurobiologiste ou un sexologue quelconque ? Voici une des versions pseudo-scientifiques les plus répandues :

« Aujourd’hui, à l’heure où les technologies font des progrès extrêmement rapides, cette réaction de la société paraît tout à fait naturelle »

« Aujourd’hui les forums, les chats et les réseaux sociaux sont devenus banalisés dans la communication des jeunes, déclare José Herrera. La communication électronique, les messages instantanés, tout cela limite les instruments de séduction que peuvent représenter le langage corporel, les intonations ou le regard. Mais dans même temps le contenu verbal gagne en importance. Le succès auprès des autres dépend de la capacité à exprimer ses idées, de la justesse et de la finesse des remarques que l’on fait. »

Психология (Pshychologie)

Je préfèrerais toujours un homme considéré comme moche mais intelligent qu’un bel homme complètement con.  Les muscles ne valent rien à côté d’un gros cerveau, écrit une Française se proclamant avec fierté sapiosexuelle sur son blog intitulé sans ambages Encore Une Connasse Parisienne
Depuis la nuit des temps il existe des gens qui depuis leur plus tendre enfance recherchent avant tout la composante intellectuelle du sexe opposé, laissant le physique au second plan. Toutefois, « laisser au second plan » ne signifie en rien ne pas y prêter attention. L’apparence du partenaire joue un rôle non négligeable dans le choix final de tout individu normalement constitué. Le(a) sapiosexuel(le) n’aura pas de relation avec une personne intelligente et talentueuse, dont l’apparence est aux antipodes de ses goûts. Ainsi, il ne faut pas penser que l’orientation sapiosexuelle est une obsession concentrée exclusivement sur les discussions absconses, ce qui en ferait une perversion. La sapiosexualité est plutôt une orientation atypique par rapport à la moyenne habituelle, dont se contente la majorité.

Or, les affirmations à propos de la mode sur la sapiosexualité, développée grâce au progrès technologique, sont des commentaires naïfs (basés sur les manuels de cours) de sexologues et psychologues, qui ne peuvent qu’étonner par leur ressemblance.

Le(a) sapiosexuel(le) recherche un partenaire qui, outre une apparence acceptable et un bon statut social et financier, a un certain (haut) niveau intellectuel. Et ce dernier ne concerne forcément pas les diplômes ou une connaissance mécanique de littérature classique, mais la capacité de réflexion et d’analyse sur les sujets les plus divers et, corollairement, la capacité à partager des idées et en débattre. À cela il faut ajouter un sens de l’humour pétillant, les jeux de mot, l’aisance à s’expliquer avec des métaphores et aphorismes, etc.

On naît sapiosexuel, on ne le devient pas !..
En d’autres termes, le psychologue et coach de vie cité par Психология n’a aucune idée de ce dont il parle, et il est encore moins un représentant de l’orientation sapiosexuelle. Puisque les conclusions simplistes sur les technologies contemporaines et les forums de discussion qui feraient de tous des sapiosexuels relèvent, pour le dire poliment, de l’absurdité et montrent l’esprit élémentaire de celui qui émet de pareilles théories et de ceux qui les publient.

 

 

L’évolution de la survie

Des sociologues supposent que le comportement des sapiosexuels est lié à leur milieu de vie réel ou imaginaire. L’intelligence et une culture générale étendue peuvent inconsciemment être associées à une meilleure réussite professionnelle, à l’appartenance à une classe sociale supérieure et de ce fait à un meilleur niveau de vie. Ainsi, la sapiosexualité n’est rien d’autre qu’une métamorphose de la sélection sexuelle qui continue à nous faire rechercher le partenaire adéquat pour survivre dans les meilleures conditions.

Les partisans de cette logique insistent sur le fait que toute espèce humaine devient progressivement sapiosexuelle : la société se développant jour après jour perd le besoin en aptitude de survivre dans des conditions sauvages qui nécessitent la force et l’endurance ; dorénavant l’intelligence et la capacité à socialiser deviennent de plus en plus indispensables. Vu de loin, cela peut paraître logique. Mais il est très difficile de croire en l’authenticité de cette explication darwino-sociologique, compte tenu de ce que l’on peut observer autour et connaissant les mécanismes sociologiques des humains.

L’herméneutique ne résiderait-elle pas dans le fait que les priorités ont changé dans la société tout au long de l’histoire ? Au début de l’évolution nos ancêtres cherchaient consciemment à choisir un partenaire intelligent, voire plus intelligent : l’intelligence, au temps du soleil tournant autour de la terre, était gage de survie et de protection de la descendance. Avec l’arrivée dans la société d’une unité d’échange et sa déification dans les fondements de l’existence humaine, ainsi que dans l’organisation économique et politique contemporaine, le monde à présent tourne autour de l’argent. Par conséquent, dans la société moderne on choisit inconsciemment un partenaire qui peut (doit) potentiellement gagner le plus possible de cette unité d’échange, même si on en a déjà bien plus que nécessaire pour la survie.

Toutefois, malgré la tendance humaine inextirpable à imiter aveuglément tout ce que l’on voit, il reste encore une couche minoritaire du corps social qui a conservé un choix conscient du partenaire. Et en dépit des conclusions de coachs de vie et d’autres psychologues à la mode sur l’apparition de la sapiosexualité grâce aux nouvelles technologies, le choix conscient de l’intelligence en contrepoids à l’apparence (qui existait depuis la nuit des temps) a subi une « mutation financière » au cours de l’évolution d’homo sapiens. Et, comme on peut le constater aujourd’hui, il est perdu pour au moins les trois quarts des 7 milliards d’individus constituant la société actuelle.

Prenant conscience dudit, on ne peut s’empêcher de s’interroger si la « société des sapiens » devient réellement plus accomplie!

 

 

(neuro) Atypicité

En parallèle, les psychologues ont établi le profil typique des sapiosexuels : des libres-penseurs, très ouverts et en recherche constante de nouveaux savoirs, ce qui leur confère une grande curiosité, une bonne imagination, une tendance à l’innovation, un goût pour la différenciation et la nouveauté et non pour le confort et la routine. Appliquer ce profil-type à la majorité de la population de la planète est impossible, même en étant le plus fervent des darwinistes…

сапиосексуальность-нейроАтипичность-IQ_curvePour information, les « individus atypiques » n’est pas synonyme de génies ou de surdoués, dont le QI (quotient intellectuel) dépasse 140. Les atypiques, selon différentes études et observations de psychologues spécialisés, se situent dans l’intervalle 125-140. Tandis que la moyenne (neurotypique) se situe aux alentours de 100. Tandis que le QI lui-même est peu corrélé à l’originalité du raisonnement de l’individu.

On ne peut devenir sapiosexuel au même titre qu’on ne peut devenir neuroatypique, c’est inné. Dans ce cas précis, la neuroatypicité n’est pas un genre d’expression politiquement correcte, mais un fait prouvé aujourd’hui par les neurosciences. La sapiosexualité, est sans aucun doute inhérente aux « neuroatypiques », ne serait-ce que pour l’un de ses symptômes distinctifs. Les uns comme les autres reconnaissent leurs semblables à la qualité de leur vocabulaire, un des traits distinctifs fondamentaux des personnalités neuroatypiques. Leur vocabulaire se distingue de celui du reste de la population non pas tant par sa richesse que par la précision d’utilisation et la diversité des mots employés au quotidien. Mais n’approfondissons pas cette thématique complexe et à bien des égards atypique, qui mérite un ouvrage entier.

 

Une orientation sexuelle ?

Parmi les critiques de la sapiosexualité on peut entendre de tout :

« la sapiosexualité n’est pas une orientation sexuelle » ;

« ceux qui se disent sapiosexuels sont dans le meilleur des cas des gens prétentieux et satisfaits d’eux-mêmes qui tentent par-là de produire un effet et d’attirer l’attention sur soi ; quant à la théorie sur la sapiosexualité, il s’agit d’une simple discrimination au sein de la société ».

сапиосексуальность-нейроАтипичностьDans toute critique, comme dans toute plaisanterie, il y a une part de vérité. En effet, la sapiosexualité n’est pas une orientation sexuelle. La présence de la racine « sexe » sert sans doute à conférer à ce terme l’idée d’attirance sur laquelle j’ai insisté au début de ce mini-essai. La sapiosexualité est plutôt la définition d’une préférence claire qui peut être observée dans toutes les orientations sexuelles (hétéro, homo, bi). Peut-être est-ce pour cela que certains y voient une discrimination ? Peut-être parce qu’ils n’aiment pas la division des gens en « types », ou bien parce qu’ils ne correspondent aucunement à cette catégorie ? Parler d’individus prétentieux n’a pas de fondement, car justement cette catégorie de population, en raison de son intelligence et son caractère, est plus discrète et bien moins arrogante que la majorité. Bien que lui reconnaître un certain mépris pour la platitude des points de vue des autres ne serait guère erroné.

Mais vous verrez rarement un véritable sapiosexuel parlant ouvertement de sa différence évidente, ce qui le cataloguerait immédiatement comme un mouton à cinq pattes. Sans parler du fait que le trait principal caractérisant les personnes à tendance sapiosexuelle est leur capacité à déterminer (reconnaître) leurs semblables presque instantanément et de manière inconsciente. Ceux qui n’ont point besoin d’explications de cette particularité. D’ailleurs, il n’y a aucun sens à l’expliquer à tous les autres non plus, ils ne la comprendront pas.

Engager la conversation en société sur son atypicité équivaut à un coming-out pour les homosexuels, lorsqu’ils annoncent publiquement leur orientation sexuelle non traditionnelle. La société ne supporte pas les « non-conformes ». Et dans certains pays la non-conformité est particulièrement poignante.

Voici un exemple « typique d’atypicité », et à la fois de sapiosexualité, allant souvent de pair, issu d’une publication française :

« Jules passe de bons moments avec ses partenaires de sport, tous de formation supérieure.  »J’adore parler de sujets spécialisés avec eux, d’oncologie avec un médecin, de chimie, de politique énergétique… » Il s’ennuie en revanche avec ses anciens amis, aux sujets de conversation trop futiles, évite ces soirées rasoir quand il le peut et dit vouloir  »optimiser son temps relationnel ». Jules applique la même logique à ses relations féminines ».

Mieux vaut ne pas discuter, plutôt que de ne parler « de rien »
On peut prédire à l’avance et avec une facilité extraordinaire la réaction de la majorité à la dernière phrase. En toute franchise, se livrer à de profondes réflexions sur les raisons d’un tel choix / comportement des neuroatypiques n’a aucun sens. Puisque malgré toute l’éloquence et l’intelligibilité potentielles de mon explication la majorité ne la comprendrait pas ou se contenterait de la rejeter. Quant à ceux qui se sont reconnus dans cet article, ils n’ont nul besoin qu’on les éclaire sur leurs propres préférences.

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En guise de finale, je rappelle une fois de plus et j’insiste sur le fait que la neuroatypicité (et la sapiosexualité avec) ne constituent en aucun cas une maladie. Les individus avec cette particularité ne se distinguent EN RIEN des autres pour ce qui de l’apparence ; leur seule différence, c’est leur esprit, et par-là même son fonctionnement. Il existe une allégorie ironique, mais à la fois très juste :

Quand un individu meurt, il ne sait pas qu’il est mort. Seul son entourage en souffre. Quand un individu est con, l’effet est le même.

Et lorsqu’un individu est intelligent, il est soit respecté, soit hai. Seulement, où se situe la frontière entre les idiots (dont n’importe qui d’entre nous peut qualifier tous les autres), les individus normaux et plus intelligents (dont chacun estime par défaut faire partie) ?

 


• Rédacteur de NEW POINT de VIEW • Consultant en stratégie et organisation interculturelles • Intervenant chez SKEMA BS • Contributeur à LE HUFFINGTON POST et LES ECHOS entre autres

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