Religion 1 : l’esprit de croyance utilement instrumentalisée

Il y a quelques années de ça, dans un esprit d’autodidaxie, j’ai fait une note Les Religions Dans Le Monde. En me basant sur les sources différentes j’ai composé un condensé, que j’ai voulu le plus bref possible, sur les religions du monde, afin de m’expliquer sur quoi repose la croyance de l’homme.

Aujourd’hui, je partage cette note abrégée sur le thème des plus complexes et contestables dans l’histoire de l’humanité, afin de manière presque subtile d’introduire l’article suivant “Religion 2 : l’athéisme — lucidité ou délit d’opinion ?”, qui traitera la religion / la croyance d’un autre point de vue — le rationalisme. Bien sûr, il est préférable et utile de lire d’abord l’article présent avant de passer à son développement dans Religion 2.

Je ne saurai pas citer avec exactitude toutes les sources utilisées, étant donné qu’à l’époque je n’avait pas envisagé de rendre public mon essai et, donc, n’avait pas noté les supports utilisées. Mais, certainement, il y avait une encyclopédie électronique qui s’appelait Encarta (créée par Microsoft en 1993 et arrêtée en 2009) — sorte de mélange entre Google Maps et Wikipedia de nos jours. Or, je la cite comme une des sources, afin d’éviter toute accusation possible du plagiat ou tout autre chose…

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Les religions dans le monde

InfoMalgré leur diversité, les religions du monde possèdent un fondement commun en ce qu’elles reposent toutes sur une croyance en un principe supérieur à l’Homme, qui présiderait à sa destinée et à celle du monde.

La pratique religieuse — fondée sur des prières, des enseignements, des rites et des règles de conduite placés sous la responsabilité de ministres du culte — implique une participation des croyants. Au sein d’une communauté religieuse, les fidèles assistent ensemble à des offices ou des cérémonies célébrés selon le rite dans des églises, des mosquées, des synagogues ou encore des temples.

Pour chacun de ces individus, la religion apporte une explication de la réalité du monde ainsi qu’une « morale » de vie.

Il est curieux de constater que les 3 derniers paragraphes pourraient avec le même succès être utilisés dans une encyclopédie pour donner la définition d’un système totalitaire comme l’URSS ou la Corée du Nord. Ayant vécu pendant 14 ans à l’URSS je peux confirmer la pratique de ces cultes appelés et pratiqués différemment de l’église, mais dans le même but : la croyance et le dévouement absolus en supérieur au commun des mortels — le parti communiste. Ceci incite la première conclusion que les cultes et les pratiques diverses sont utilisés pour enraciner la croyance dans le subconscient de l’homme. Dans quel but et comment — la réponse plus détaillée dans l’article suivant.

InfoÀ l’échelle des États les différences religieuses, tant dogmatiques que sociales ou même politiques, peuvent déboucher sur des conflits ouverts. De nombreuses frontières et limites territoriales à travers le monde reflètent ainsi ces divisions.

Les conflits frontaliers contribuent ainsi pour une large part au remodelage permanent de la géographie mondiale, en étant la cause — ou la conséquence — de nombreux affrontements politiques, militaires, culturels, ethniques ou religieux – facteurs inextricablement liés.

Ainsi, pratiquement tous les conflits depuis la nuit des temps sont basés sur la dispute éternelle des convictions humaines sur la « meilleure religion », sauf les conflits engendrés par le partage des sphères d’influence géopolitique moderne (la guerre froide, les gisements de combustibles, ou bientôt probablement les terres agricoles). Le comble dans tout cela est que toute religion possède un fondement commun. Mais celui-ci a été altéré à travers les siècles en fonction des esprits comme le goût de la nourriture qui change en fonction du sel.

InfoLes principales religions, en nombre de fidèles, sont aujourd’hui, dans l’ordre décroissant : le christianisme, l’islam, l’hindouisme et le bouddhisme. La diffusion des croyances est due au caractère universaliste de certaines religions, notamment le christianisme, l’islam et le bouddhisme, qui, au contraire du judaïsme et de l’hindouisme, ne sont pas associées à un peuple ou à une culture.

L’action missionnaire ainsi que le peuplement des Amériques et de l’Océanie par des vagues successives d’émigration en provenance d’Europe ont donc contribué à l’expansion du christianisme dans le monde. De la même façon, les conquêtes musulmanes, dès le VIIe siècle, ont fait progresser les frontières de l’islam bien au-delà de son lieu de naissance – la péninsule arabique.

Cette représentation du monde est une des illustrations, parmi d’autres, de la propension des hommes à donner à leur environnement, tant réel qu’imaginaire, une signification sacrée montrant par là-même à quel point la religion influe profondément sur le paysage et sur la perception de la place de l’homme dans le monde.

 

 

Les ramifications des courants  ou  la customisation religieuse

Voici les principales religions connues de tous, avec les explications très brèves de leurs origines et principes. La lecture de ces extraits soumet davantage la question sur le fondement des religions et sur la raison d’être des croyances en tant que phénomène humain, perçu par la société moderne comme “la part d’irrationnel chez l’homme“.

Hindouisme (Asie), 15-13e siècles avant notre ère
Majoritaire en Inde et au Népal, l’hindouisme est fondé sur la croyance en un principe absolu régissant l’univers, le brahman. L’âme individuelle ne peut connaître celui-ci qu’en parvenant à s’y identifier : elle doit d’abord se libérer du cycle des renaissances ou réincarnations, par le renoncement au monde, la pratique du yoga ou la dévotion (bhakti).

Cette dernière s’exprime dans une infinité de cultes rendus aux avatars des trois grandes divinités hindoues : Vishnu, Shiva et Brahma. Les premiers textes sacrés de l’hindouisme sont les Veda (vers 1500-1300 av. J.-C.).

Judaïsme
Né en Palestine parmi le peuple israélite, le judaïsme est la religion des juifs et la première des trois religions monothéistes. Il est fondé sur la croyance en un Dieu unique, Iahvé, qui a fait alliance avec Abraham et a transmis sa Loi à Moïse sur le Sinaï. La Torah, constituée par les cinq premiers livres de la Bible, est la parole révélée de Dieu, les principes d’observance et les règles morales étant consignés dans le Talmud.

Contrairement aux chrétiens, les juifs attendent leur messie, qui établira le règne de la justice sur la terre. Le samedi (shabbat) est un jour de repos obligatoire.

Christianisme, 1er siècle de notre ère
Religion née de la prédication de Jésus de Nazareth en Palestine et de la rupture avec le judaïsme au 1er siècle de notre ère.

Le christianisme repose sur la croyance que Jésus, le Christ, est le Fils de Dieu, venu sur terre, à travers sa mort et sa résurrection, pour sauver les hommes – marqués par le péché originel. Le Messie a également annoncé le royaume céleste de Dieu, auxquels accéderont les élus après le Jugement dernier.

Les chrétiens croient en un Dieu unique en trois personnes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit, qui forment la Trinité. Ils reconnaissent la révélation contenue dans l’Ancien Testament, les premiers livres de la Bible, auquel s’ajoute le Nouveau Testament, formé des quatre Évangiles.

Catholicisme (Europe du Sud), 1er siècle de notre ère
Le catholicisme est numériquement la principale confession chrétienne.

L’unité doctrinale et l’unité de l’Église catholique s’opèrent autour du pape, évêque de Rome et successeur de l’apôtre Pierre, dont est reconnue l’infaillibilité en matière de dogme. Outre la Révélation contenue dans la Bible, les catholiques reconnaissent une Tradition transmise par les écrits des Pères et des docteurs de l’Église.

Islam (la péninsule arabique), 7e siècle de notre ère
L’islam, troisième religion monothéiste, fut fondée en Arabie au 7e siècle par Mahomet (né à la Mecque), auquel fut révélé le Coran.

Le musulman exprime sa soumission à Dieu, unique et tout-puissant, par la profession de foi, la chahada, l’un des cinq piliers de l’islam. Les quatre autres sont les cinq prières quotidiennes, l’aumône obligatoire, le jeûne du ramadan et le pèlerinage aux lieux saints de La Mecque et de Médine pour qui en a la possibilité.

Les règles inscrites dans le Coran et la sunna (coutume établie au regard des actes du Prophète) régissent la société et la vie musulmane. Rejetant la Trinité chrétienne, l’islam reconnaît les prophètes de la Bible et prolonge la conception judéo-chrétienne du Jugement dernier.

Orthodoxie (Europe de l'Est), après le 11e siècle de notre ère
Appartenant au christianisme, les Églises orthodoxes sont celles qui ont suivi l’Église byzantine lors du schisme avec Rome en 1054. Elles se sont proclamées comme étant “de la juste foi”.

S’ils reconnaissent les dogmes fondamentaux du christianisme, fixés par les 7 premiers conciles œcuméniques, les orthodoxes rejettent le dogme catholique du filioque, qui fait procéder le Saint-Esprit à la fois du Père et du Fils, ainsi que l’immaculée conception de Marie et le purgatoire. Ils ne reconnaissent pas la suprématie du pape et le dogme de l’infaillibilité pontificale.

Conduites par un patriarche, les différentes Églises s’administrent elles-mêmes mais accordent la primauté au patriarche de Constantinople. La liturgie – de rite byzantin – vise, de même que les icônes, à révéler la beauté de Dieu, qui s’est fait homme dans le Christ pour que l’homme puisse participer à la vie divine.

Protestantisme (Europe du Nord), après le 16e siècle de notre ère
Le protestantisme rassemble les doctrines et les Églises chrétiennes issues de la Réforme lancée au 16e siècle par Luther, qui ne reconnaissent pas l’autorité du pape.

La foi, indissociable d’une éthique personnelle, doit donc être vécue davantage dans l’intimité de la conscience qu’à travers l’enseignement de l’Église, qui ne fait que guider le fidèle. La seule référence est la Bible, et le culte, qui s’adresse à Dieu seul (dans la Trinité), est simplifié.

Anglicanisme, après le 16e siècle de notre ère
Doctrine religieuse de l’Église officielle d’Angleterre, l’anglicanisme est né, en 1534, de la rupture entre le roi Henri VIII, qui se proclame chef suprême de l’Église d’Angleterre, et le pape Clément VII. Les principes et les institutions de l’anglicanisme sont définitivement fixés par Élisabeth I, par les Trente-Neuf-Articles (1563) et le Prayer Book.

Du catholicisme, l’Église anglicane conserve la liturgie, le culte des saints et la hiérarchie, tandis que la théologie est celle du protestantisme, fondée sur la doctrine de la prédestination et du salut individuel. Les Églises épiscopaliennes des pays anglophones ont également adopté la communion anglicane.

 

 

 

Croyance religieuses ET philosophiques

Animisme
(du latin anima – âme) est une croyance ou religion selon laquelle la nature est régie par des âmes ou esprits, analogues à la volonté humaine : les pierres, le vent, les animaux. Il se rencontre surtout chez les sociétés traditionnelles comme en Afrique, en Amérique du Sud, en Amérique du Nord, en Sibérie ou en Océanie. Dans les pays scandinaves, il existe un fond animiste en parallèle au christianisme.

L’animisme, qui donne une « âme » à tous les êtres vivants, objets inanimés ou phénomènes physiques (comme le vent), se présente d’ailleurs comme une lointaine fondation de toutes les religions.

Shintoïsme (Japon), les origines peu connues
Le shintoïsme, ou shinto (en japonais, « la voie des dieux »), est le nom donné par les Japonais à l’ensemble de leurs croyances animistes et de leurs pratiques rituelles, concurrencées, à partir du VIe siècle par le bouddhisme.

Aux trois divinités suprêmes, la déesse du Soleil, le dieu de la Lune, et le dieu des océans et des tempêtes, s’ajoutent des milliers de kamis, manifestations divines s’incarnant dans tout ce qui est ou a été, dans la nature comme dans les ancêtres. Les kamis sont vénérés dans des sanctuaires dont l’enceinte est délimitée par un torii, portique sacré.

Les rites, consistant essentiellement en des pratiques de purification, peuvent être suivis sous la direction de prêtres ou de manière individuelle.

Bouddhisme (Asie), 6e siècle avant notre ère
Philosophie et pratique religieuse, le bouddhisme est né en Inde au 6e siècle av. J.-C. à partir de l’enseignement du prince Siddharta Gautama, le Bouddha ou « l’Éveillé ».

S’il partage avec l’hindouisme la croyance en la réincarnation, le bouddhisme ignore l’existence d’une divinité absolue. Il postule que l’existence est fondamentalement faite de douleur, nourrie par le désir et l’ignorance. C’est en faisant preuve de compassion, en se libérant du désir par la pratique de l’ascèse et de la méditation que l’homme peut atteindre l’état de nirvana et échapper au cycle des réincarnations.

Taoïsme (Chine), 6e siècle avant notre ère
Doctrine philosophique et religieuse chinoise, basée sur les enseignements du philosophe Lao-tseu, et développé vers le 6e siècle avant J.-C.

Le concept central du taoïsme postule l’identité de l’homme et de la nature. Le but suprême, qui peut être poursuivi en solitaire, est de trouver le chemin menant au Tao (« Voie »), principe d’organisation de l’univers.

En tant que religion, solidement implantée à Taïwan, le taoïsme possède un corps de prêtres héréditaires et une liturgie établie. La pratique populaire repose sur le culte des esprits, avec lesquels on communique par divination, et sur la croyance en l’immortalité, que l’on peut atteindre par des pratiques alimentaires et corporelles ainsi que par la méditation.

Confucianisme (Chine), 6-5e siècle avant notre ère
L’une des plus grandes écoles philosophiques, morales, politiques et dans une moindre mesure religieuses de Chine a été fondée sur les enseignements du philosophe Confucius (551-479 av. J.-C.).

Proposant un modèle de sagesse individuelle, il prescrit la maîtrise de soi, la droiture morale et le respect des obligations envers la famille et les amis, ainsi qu’à l’égard des ancêtres. Il place l’intérêt du groupe au-dessus de celui de l’individus et insiste sur la nécessaire correction dans les relations sociales.

Imposée en tant que doctrine d’État, cette composante de la culture chinoise depuis deux millénaires (jusqu’à la fondation de la République de Chine en 1911) a étendu son influence aux pays voisins (Corée, Japon, Viêt Nam).

 

 

Observations

Christianisme / Catholicisme
Assez curieux — “la parole révélée de Dieu” (la bible) est devenue inconvenante pour certains. Ces derniers ont décidé de se séparer pour créer une nouvelle croyance, nouvelle religion.
Et la bible alors ? Ils l’ont réécrite ? Une nouvelle rédaction ? Saison 2 ? Ce n’est donc plus l’original. Ils ont décidé dorénavant de croire en Dieu d’une autre façon, avec d’autres postulats.
Elle est où alors cette croyance absolue en un Dieu unique et en sa parole ? C’est donc les hommes qui décident en quoi et comment croire ? 

Orthodoxie
Les orthodoxes, après des siècles du catholicisme, ont créé une nouvelle branche plus juste. Gardant à l’esprit que la parole de Dieu initiale (si elle a eu lieu) n’a pas changé. Le Dieu, lui, non plus n’a pas changé. C’est les croyants qui ont décidé d’y croire autrement.
Le plus intéressant est que dans l’église orthodoxe on trouve des dizaines d’autres branches (russes, serbes, vieux-calendaristes, vieux croyants ; et la liste et loin d’être exhaustive). Le même phénomène est présent dans toutes les autres ramifications religieuses. Alors où est-elle, la vérité ?

Protestantisme
Un autre exemple d’aménagement de la sainte croyance : “Luther a lancé une réforme”. Tel un premier ministre qui décide de réformer la parole de Dieu, car les lois d’avant, devenues obsolètes, ne correspondent plus aux réalités à l’ordre du jour…

Confucianisme
N’est-ce pas une approche sage et réfléchie de la vie ?!
Avec les valeurs que tout le monde considère comme “indispensables”, mais que peu pratiquent dans ses faits et réflexions…

Animisme
Lointaine fondation de toutes les religions qui dans la société des primates était, selon moi sans aucun doute, la prémisse essentielle à la croyance inventée, dérivée de l’inexplicable et de l’intangible.

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La perception et la tractation du monde changent en fonction des esprits. Tout comme le goût de la nourriture change en fonction du sel y ajouté… 

 

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PhilippeRamez
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PhilippeRamez

Merci pour cet article très complet et très intéressant sur les religions. Personnellement, je constate que l’homme a besoin de se rassurer devant la mort, il a peur, et tous les pouvoirs ont su profiter de cette peur en créant un hypothétique dieu et en obligeant l’homme à s’agenouiller devant le représentant de ce dieu. L’église a toujours été du côté du pouvoir et le pouvoir en a toujours profité même sous le nazisme ou sous le stalinisme. Idem à l’est lors des «révolutions» de 1981 (à Gdansk) à 1991 (à Timisoara) que ce soit solidarnosc et Walesa en Pologne ou les orthodoxes en Roumanie. Idem en Russie où Vladimir Poutine aimerait rétablir une sorte de religion séculaire comme à l’époque de Staline (il finance d’ailleurs beaucoup d’église orthodoxes russes y compris à Paris). Toujours le même schéma : Dieu => Église => Pouvoir et Soumission.