Black Friday, Halloween • Why do we copy everything from the Americans • Anton Malafeev

Black Friday…
Pour quoi on copie (tout) chez les Américains?

Black Friday… Et pourquoi pas Vendredi Noir, en français?
Et puis pourquoi on copie chez les Américains (ou les Anglosaxons plus généralement) même ça?
Black Friday, Halloween… what else?


ESSAIS

Par exemple, Halloween est célébrée principalement (et historiquement) par les pays anglosaxons — Irlande, Angleterre, États-Unis, Canada, Australie et Nouvelle-Zélande. Et si les autres pays copient cette fête, c’est uniquement par l’influence américaine sur leur culture — notamment à travers la soft power.

Mais alors pourquoi Black Friday? Ce n’est pas une fête. Et Hollywood ne l’a pas “infusé” dans la culture française. Quel est l’enchaînement intellectuel qui a amené, un jour, les Français à adopter cet évènement purement commercial — sans même en traduire le nom?

Car l’histoire de ce vendredi noir aux States est que c’est le lendemain de Thanks Giving, où les Américains se ruent en masse dans les magasins, puisque c’est ferrier chez eux. Ce de quoi les commerçants américains profitent depuis les années 1950 — en stimulant les ventes précisément ce jour-là. Et comme ce jour les magasins sont noirs de monde, on l’appelle vendredi noir. Jusque-là, tout va bien.

Et en France. On ne peut pas copier le Thanks Giving. Ca serait vraiment trop… Par contre, on en a copié le folklore. En 2014 les grandes enseignes françaises ont lancé cette orgie commerciale. Pour les uns, le but principal étant de vendre toujours plus (savamment, ça s’appelle “déstocker”). Et pour les autres payer – à tout prix – moins cher.

Vous voyez le jeu de mot? “A tout prix moins cher”. Car monsieur et madame tout le monde sont prêts à tout pour s’accaparer d’un énième truc — pour moins cher.

Et progressivement tout le monde est devenu fou de cette “fête” américaine — un mois avant Noel. Là aussi, d’ailleurs: LA fête religieuse de l’année, devenue la plus mercantile de l’année dans toute la civilisation occidentale (pour une fois qu’un truc n’est pas purement américain ou anglosaxon). Rien qu’en France, la période de Noel enregistre des chiffres d’affaire ici et là, frôlant l’inimaginable.

Et donc, comme — apparemment — ça ne suffisait pas, on a calqué le Black Friday sur les Américains juste un mois en amont.

Question que je me pose inlassablement: combien de fêtes ou de pratiques américaines on va encore pomper? Et combien de fêtes étrangères et combien de trucs de ventes copient les Américains sur les autres?

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Emmanuel Lalloz

L’emprunt inter-culturel n’est-il pas la normale partout et de tout temps? Sans discuter du coté mercantilismes discutable, selon moi, de certaines de ces fêtes, est ce que les pays doivent cultiver leur culture de manière “étanche” et autonome?
Les USA étant un melting pot, ils se posent moins de questions quant à l’adoption de fêtes “étrangères” qui sont en fait à l’initiative de communautés ayant immigré là-bas: la St Patrick, le Nouvel An Chinois, Diwali…l’Oktoberfest (repris dans plusieurs villes américaines…) ou le carnaval.
Il y a 2 siècles, la cours Russe parlait couramment français entre elle à Moscou…les français ont piqué l’idée de la baguette et des croissants aux autrichiens.La fête de Noel nous vient du Proche-Orient… nous mangeons des pizza…et notre alphabet vient de celui des Romains, qui l’ont modifié des Grecs, qui ont copié celui des phéniciens, qui se sont inspirés de celui des proto-sinaiques qui auraient utilisé les hiéroglyphes comme base.
Dans le Grand Ordre des choses, ces emprunts de Halloween et Thanksgiving ne sont ils pas deux petits exemples auxquels il ne faudrait peut-être pas accorder l’importance qu’il n’ont pas?
Et puis…chacun est libre de choisir: quant à moi, je ne me rue pas dans les magasins lors du Black Friday et d’ailleurs je n’offre jamais de fleurs à mon épouse le jour de la St Valentin (mais je le fais souvent les autres jours…).

Emmanuel Lalloz

Je crois en réalité que nous parlons exactement de la même chose: en définitive, il incombe à chacun d’entre nous de faire nos choix. C’est ce que je pense faire en n’offrant des fleurs à mon épouse certains jours de l’année mais jamais le jour de la St Valentin (et oui je suis comme ça, un rebelle) et je fête sa fête à ma maman sans attendre qu’il soit décrété une journée spéciale pour cela. Et si la grande majorité ne se pose jamais de question, cela n’est malheureusement pas nouveau ni surprenant. « Les français sont des veaux » aurait dit Charles de Gaulle. Il aurait pu généraliser à la planète.