L’équilibre du choix et du temps – la théorie applicative et applicable

Opposons deux façons d’appréhender son existence :   brûler les chandelles par les deux bouts   &   construire et devenir.

Choix

choix-tempsSelon le livre de Bronnie Ware beaucoup de gens regrettent d’avoir beaucoup travaillé dans la vie et, vraisemblablement, ne pas avoir vu d’autre chose que leur travail. Probablement les sacrifices qu’ils ont faits et le temps irréversible sont les vraies raisons de leurs lamentations. Et c’est en effet regrettable.

En effet, tout le monde en conviendra qu’il est agréable et utile de prendre son temps, de ne pas constamment courir après une fin (l’argent, la carrière, le sac de la dernière collection…). Cela crée de l’espace dans la vie, pour reprendre les termes dudit livre. On se sent plus libre, plus léger, moins stressé. On peut profiter des plaisirs simples, on oublie les problèmes et les obligations, on flâne, on voyage. Presque le paradis.

Tout être vivant sur terre, sauf l’Homme, sait qu’il est là pour profiter de la vie…

Cependant de quel côté prendre l’affirmation « profiter de la vie» ?

Signifie-t-elle « ne rien faire toute sa vie » ou au contraire « en faire quelque chose” ?
Mais alors “à très petites doses et surtout pas trop” (l’approche très en vogue dans l’esprit français) ou “s’y consacrer pleinement pour atteindre un but / résultat ciblé”, mais avec le risque de ne pas y parvenir et, peut-être, regretter en fin de vie ce choix ?

 

Pensez-vous qu’une vie, d’une espérance moyenne aujourd’hui de plus de 80 ans en France (70 dans le monde), dénouée de tout sens et remplie de désœuvrement peut être agréable et épanouissante tout le long ???

Il ne faut pas perdre de vue, que ces doléances en fin de vie, sur lesquels j’ai mis l’accent dans l’article précédent, sont le fruit des choix que nous faisons. On ne sait pas pourquoi les patients de Mme Ware regrettaient les leurs:

  • n’avaient-ils pas le choix de faire autrement que se consacrer entièrement au travail ?
  • ou, à l’inverse, avaient-ils choisi de travailler beaucoup, mais à la fin n’ont pas senti le plaisir escompté ou n’ont pas obtenu le but programmé… ?

 

Temps

Bien sûr, tout dans la vie n’est pas aussi binaire. Mais il faut faire la différence entre « ne pas travailler autant pour créer de l’espace dans sa vie » et « se donner un objectif de devenir quelqu’un et parvenir à un but » (que l’on se fixe soi-même). Pour cela, il n’y a pas de secrets, il faut se donner vraiment de la peine. Il faut travailler presque jour et nuit. Des exemples sont nombreux et sont devant nous dans la vie de tous les jours.

  • Un sportif, qui se prépare aux compétitions — son but ultime — ne va pas à l’entrainement d’une heure deux fois par semaine pour perdre un ou deux kilos. Pour obtenir un résultat, quelle que soit la discipline, n’importe qui est obligé de se donner de la peine, et c’est vraiment le cas de le dire… Les entraînements quotidiens très intenses de plusieurs heures, les sacrifices, la détermination, la volonté, la motivation – sans mercis.
  • Un entrepreneur crée des biens et services à destination d’une demande existante ou celle à venir. Cela lui prend le temps et l’énergie équivalente à une turbine d’EDF pour faire démarquer son offre de la concurrence et pouvoir en vivre. La réussite ou la faillite. Vous en conviendrez – cela demande « un peu » de temps et de persévérance.
  • Un scientifique peut travailler d’arrache-pied pour faire une découverte. La découverte qui va faciliter / améliorer la vie des millions plus tard. Des heures de lecture, de calculs, d’expérimentation. La dévotion totale au but fixé.
  • Un musicien répète 6 à 10 heures par jour pendant toute sa vie.
  • Un pompier répète les mêmes gestes tous les jours à l’entrainement pour, peut-être, s’en servir qu’une seule fois le jour venu.
  • Un ingénieur, mettant en place un nouveau dispositif, peut s’acharner pendant des années pour créer une machine fonctionnelle, non dangereuse, belle et efficace.
Peu importe l’occupation, pour exceller – il faut s’y consacrer entièrement. Pour atteindre un résultat – il faut s’y sacrifier: que ça soit la couture, les langues ou le piano.

 

Raison

On peut alors légitimement se demander – « pourquoi » ? Pourquoi autant d’agitation pour une médaille dans les compétitions ? On ne l’emportera pas au cimetière…

La raison est le choix !

Pourquoi autant de sacrifices pour entreprendre en se créant les maux de tête là où on pourrait ne pas en avoir – on peut percevoir un salaire ne travaillant que 7-8 heures par jour et profiter du reste du temps. Eh bien, grossièrement : il y a le choix de travailler pour un salaire et il y a un autre – d’entreprendre, de créer et de construire. Schématiquement, si tout le monde choisissait la solution salariale – il n’y aurait pas d’entrepreneurs pour embaucher et payer ces salaires.

Pourquoi jouer du violon ou du piano 10 heures par jour pendant toute sa vie ? Eh bien, en dehors du fait que c’est, encore une fois, le choix personnel, certainement, motivé par l’amour pour la musique – qu’écouteriez-vous sur votre baladeur tous les jours ?

Un autre point intéressant à être réfléchi : pourquoi Mozart et Bach sont adorés à plus de 200 ans après leur mort ? Oui, ce sont des génies hors repères. Mais ne se sont-ils pas consacrés entièrement à leur choix / leur amour – la musique ?

Le principal est que le processus d’accomplissement (du choix arrêté) doit apporter du plaisir. Et le choix arrêté doit avoir une finalité réfléchie en amont. Si le choix est mal fait et/ou l’objectif est mal formulé, très certainement les regrets au poteau d’arrivée seront inévitables.

 

Équilibre

Alors, résumons. Reste-t-il à trancher entre le sacrifice à une idée (un but) OU l’insouciance dans une cabane de pécheur avec des trous dans le toit, mais au soleil et loin de tous les problèmes et d’agitation de la civilisation ?

choix-temps-Bryan-DysonComme dans tout – il faut trouver un équilibre. Bryan Dyson (le PDG de Coca Cola 1986-1991) a proposé sa vision de l’équilibre qui semblerait très générique, mais à la fois très sage et véridique.

Il propose d’imaginer la vie comme une jonglerie de 5 balles – travail, famille, santé, amis et la spiritualité – qu’il faut savoir entretenir constamment en l’air. Eh bien, très rapidement on se rend compte d’une réalité : la “balle-travail” est en caoutchouc. Si on la laisse tomber, elle va rebondir et revenir dans le jeu. Mais toutes les autres balles (famille, santé, amis, spiritualité) sont en verre. Alors, si on laisse tomber une de ces balles, elles vont se fissurer ou se casser. Quoi qu’il arrive – elles ne seront plus jamais comme avant. C’est ce qui est important de comprendre et essayer à tout prix d’éviter.

Travaillez le plus efficacement possible pendant la journée et partez à l’heure à la maison. Dédiez le temps nécessaire à la famille, aux amis et reposez-vous convenablement. Une valeur est estimable uniquement si sa valeur est précieuse.

Bryan Dyson

Applicabilité

Alors que voulez-vous faire ? Quelle en sera la résultante / la finalité ? Voulez-vous atteindre un but dans la vie ? Le quel ? Ou voulez-vous vous faire porter par le courant toute votre vie ? C’est votre choix. Mais ayez en tête toujours une chose :

Les play-boys, les fêtards, les paresseux brûlent leur temps. Et en brûlant les chandelles par les deux bouts, nul n’a encore réussi à éclairer le monde …

2
Commentez !

avatar
1 Comment threads
1 Thread replies
0 Followers
 
Most reacted comment
Hottest comment thread
2 Comment authors
Anton MalafeevStéphane Recent comment authors
  Subscribe  
newest oldest most voted
Notify of
Stéphane
Guest
Stéphane

Excellent article, Anton – tout y est, et même plus…
Amitié, et au plaisir de se revoir autour d’un verre
Stéphane

PS: étonnante ‘Synchronicity’, considérant que j’ai abordé partie de ces aspects lors d’une discussion intéressante avec mon épouse hier, justement. En lien avec mon activité extra-professionnelle (musique)