Le monde après 2020

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Bien que dans le fond elles soient liées, j’ai noté plusieurs idées disparates sous forme d’une liste. Sans un fil conducteur particulier. C’est une sorte d’énumération non-exhaustive pour commencer à dresser l’état de notre situation — début avril 2020. Ce qui m’y intéresse ce sont des conclusions qui en découlent. Observations et conclusions qui devraient servir pour les prises de décisions historiques et vitales à la fois. Et ces conclusions devraient servir de leçons pour chacune des quatre générations actuelles pour préserver notre espèce et tout ce qui l’entoure.

C’est inévitable. Le monde d’après 2020 changera.

Le modèle libéral (dans sa forme dure) est mort. Les règles du jeu d’avant 2020 ne peuvent plus fonctionner. Et ce qui est extraordinaire est qu’en à peine quelques semaines toute l’humanité a (ENFIN) pris conscience que les choses doivent changer foncièrement. En mettant la quasi-totalité de la population mondiale la tête dans la boue, ces quelques semaines ont fait le travail qu’aucune éducation, aucun livre, aucun débat n’auraient fait en plusieurs décennies. Maintenant, comme par enchantement, le saut de la conscience globale est presque palpable.

Le changement de notre système et de nos habitudes ne se fera pas aussi vite que cette prise de conscience. Les pseudos experts et les politiciens, encore en place, vont continuer à prôner — contre vents et marées — le maintien de leur royaume, qui leur paye les salaires. Mais le changement (que je préconisais dans mon livre déjà en 2019) semble, à présent, être entamé dans les esprits irrévocablement.

Les États-Unis, le pays du leadership mondial, ont perdu leur dernière crédibilité en démontrant leur incapacité d’anticiper et de gérer les crises importantes sur leur propre sol.

Les mensonges et l’incompétence des gouvernements libéraux viennent de voir qu’ils n’ont plus de reflet dans le miroir. Malgré leurs tentatives, actuelles et futures, de restaurer leur image d’experts et gouvernants puissants, même les moins futés représentants de notre espèce se sont rendu compte, en ce début de l’année 2020, à quel point les gouvernants de tous les pays confondus ne sont que des poupées, dont la seule compétence se réduit à faire des promesses.

Le terme “expert” doit être banni des CV et du vocabulaire médiatico-politique à partir de 2020.

« Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes »

Jacques-Bénigne Bossuet

Au XXI siècle — avec toute la science, le progrès en médecine, le Big Data, l’informatisation et la robotisation — nous ne sommes pas prêts à une épidémie. Et encore moins à une pandémie. Si une telle advenait aujourd’hui, forte serait la probabilité que ça soit la fin de notre espèce globalisée. (Même si la pandémie ne rasait pas tout le monde, ses conséquences sur l’économie seraient sans le moindre doute totalement dévastatrices. Ce qui provoquerait, par effet boule de neige, des conflits locaux — suite aux ruptures éventuelles d’approvisionnement — qui pourraient vraisemblablement se transformer en une guerre généralisée entre les survivants.)

Nous faisons partie (remarquez, je ne dis pas « nous assistons à ») de la fin d’un monde qui se transforme en un nouveau. En d’autres termes, l’ère « d’après Jésus Christ » semble être remplacée par une nouvelle épopée, dont le nom sera trouvé avec le temps.

Dorénavant, la communication et le travail à distance se développeront comme jamais. Ça prendra du temps, surtout pour la mise en place de nouveaux process de fonctionnement. La technologie, elle, a toujours tendance à se développer beaucoup plus vite que l’humain à s’en accommoder. Comme m’a dit il y a 2 jours une employée de Google, le mastodonte des NT connu de tous sans exceptions : même chez eux le travail à distance n’a pas été organisé au point de garantir le fonctionnement sans interruptions et sans ralentissements. Il est donc évident que l’industrie concernée connaîtra un essor de taille. Mais, comme toujours, il faut faire attention au revers de la médaille de toute nouveauté : quels aspects négatifs du « tout à distance » ?

Maintenant, brusquement, on se sent obligé de revenir aux fondamentaux, dont on s’est appliqué ses dernières décennies à ignorer l’importance et l’irremplaçabilité.

le-monde-apres-2020

© Nicholas Scarpinato

La prévention de santé joue un rôle incomparablement plus vital. Elle est de loin plus efficace que les soins de la dernière minute.

Il faut investir dans notre système de santé incomparablement plus que dans les banques, qui nous miroitent leur rôle vital dans l’économie et dans toute notre organisation sociale.

De la même manière, le monde où les footballeurs sont starifiés et rendus richissimes — par opposition au travailleurs du système médical comme de tous les autres secteurs vitaux (agriculteurs, éboueurs, enseignants, etc.) — est une aberration ! La société, dans laquelle les BAC moins 4 courent après une baballe et gagnent en un an ce qu’un scientifique, médecin ou professeur ne gagnera en toute sa vie, est une société dérangée !

Classe sociale, richesse, statut… n’ont aucune barrière devant les maladies et la mort. De la même manière, les différences ethniques et appartenances nationales ne sont pas non plus une fonction des maladies et de la mort. En revanche, les différences culturelles font différence face à la maladie et à la mort…  À méditer profondément sur celle-ci…

Les médias sociaux — en particulier pendant une crise — sont un laboratoire d’études de la nature humaine insondable. Les médias sociaux sont un pharmakon qui nous aide à maintenir un peu de démocratie et à la fois sème la peur et répand la connerie humaine. Et la dernière est incalculable et interminable.

La vie digitale (remplie de photos vides de sens et de self-marketing à gogo) n’est pas viable, contrairement aux tendances promulguées par des pseudos influenceurs et les marques. Le vrai contact humain — pour les animaux sociaux que nous sommes — est indispensable à chacun !

La croissance économique est l’ennemi du bien.

Le pétrole semblerait être au début d’une courbe descendante. Ça ne signifierait pas aussi un changement dans l’air ?

L’homme occidental vient de goûter à la peur. Pour la première fois depuis exactement 75 ans, les générations occidentales d’après la Seconde Guerre mondiale ont découvert ce qu’une vraie instabilité peut vouloir dire. Après ce bref interlude du coronavirus, peu nombreux sont restés en Occident ceux qui pensent encore « ici, on est tranquille ».

Chez les humains, la culture (dans son sens anthropologique) est la base de tout sans exceptions. Comme je le dis souvent « Tout est culturel ! ». Que l’on parle de la politique nationale en temps normal ; dans la gestion de crises ; dans le développement quel qu’il soit et dans sa rapidité ; dans la prise des décisions ; dans l’attitude du peuple (ou de la nation) aux lois et règles — existantes ou émises d’urgence. Cette liste est longue comme un bras. Retenez juste que « la culture, à travers les usages et la perception, modèle tout ! ».

Et c’est là qu’un des points culturels importants se distingue aussitôt. La solidarité, en tant que vertu, visiblement ne fait pas partie du paradigme civilisationnel occidental. Mais avec la prise de conscience évidente qui s’opère en ce moment partout, il reste à espérer que cet exercice grandeur nature ne tombera pas aux oubliettes dans la mémoire collective une fois que l’épidémie est finie. Cette épidémie…

le-monde-apres-2020Le sens de la communauté européenne semble avoir volé aux éclats à la première véritable difficulté. Aucun membre de la CE n’a aidé le pays ayant sombré en premier dans la crise médicale. Seules des déclarations creuses en langue de bois se sont multipliées sur Twiter et devant les caméras. Comme d’hab…  L’Europe de l’Ouest observait les événements de loin, en attendant (presque) tranquillement que la situation semblable se reproduise sur leur propre sol. Pendant ce temps, la Russie envoie de l’aide en Italie et aux États-Unis malgré les sanctions que ces derniers lui ont infligées. Cherchez la faute !   (mon analyse sur le sujet ici).

L’opportunisme est un parasite habitant l’homme de l’intérieur.

Et juste au cas où : la faune est capable de regagner très rapidement la place qui lui a été volée par l’homme.


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