La résistance de la société aux idées et nouveaux paradigmes

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resistance-de-la-societe-aux-idees-et-nouveaux-paradigmesSachant que toute nouveauté prend son origine dans une idée, quelle qu’elle soit — scientifique, sociale ou autre — elle a tendance à traverser la résistance inévitable (obligatoire ?) des détracteurs de tout genre à qui elle n’appartient pas. Et ils feront tout pour être entendus à travers leur opposition, qui est, peut-être, le seul espoir pour eux de se faire entendre…

Voici le mécanisme d’approbation et d’acceptation de la plupart des idées dans notre société :

Au début, un nouveau candidat au titre de paradigme n’a parfois que quelques partisans, et dont les motifs peuvent même être suspects. Néanmoins, s’ils sont compétents, ils l’amélioreront, exploreront ses possibilités et donneront une idée de ce que ce serait que d’appartenir à un groupe guidé par lui. En même temps, si le paradigme est de ceux qui sont destinés à vaincre, le nombre et la valeur des arguments en sa faveur augmenteront ; ses adhérents se feront donc plus nombreux et l’étude du nouveau paradigme se poursuivra. Graduellement, le nombre d’expériences, d’instruments, d’articles et d’ouvrages fondés sur ce paradigme se multipliera. D’autres savants encore, convaincus de la fécondité de ces nouvelles vues, se rallieront à cette nouvelle manière de pratiquer la science normale, jusqu’à ce qu’il ne reste plus finalement que quelques vieux entêtés. Et même de ceux-là, nous ne pouvons pas dire qu’ils aient tort.

Thomas S.KUHN, La Structure des révolutions scientifiques

Dans сe célèbre ouvrage cité ci-dessus (parmi les plus cités ouvrages scientifique de toute histoire des sciences), le philosophe et historien des sciences américain Thomas Kuhn (1922-1996) décrit, à l’aide d’exemples pris dans différentes disciplines, les conditions d’une révolution scientifique. Sur une période donnée, toute recherche scientifique s’appuie sur certaines hypothèses, ou paradigmes, qui finissent par limiter la pensée des scientifiques de tel ou tel domaine. Kuhn appelle science normale le travail fondé sur de tels paradigmes.

De temps à autre, la science normale ne progresse plus et se trouve dans l’incapacité d’expliquer des faits inédits ou de relever de nouveaux défis. Il s’ensuit alors un changement de paradigme. Progressivement, de plus en plus de chercheurs s’appuient sur cette nouvelle hypothèse, qui devient alors un modèle accepté de science normale.

Geert Hofstede et Michael Minkov, Cultures et Organisations

Absolument tout commencement, qu’il soit scientifique ou usuel, exige une preuve de son authenticité, de son réalisme et de son résultat possible, afin que la société puisse l’appréhender et l’adopter en toute confiance dans l’utilisation quotidienne. Il semblerait qu’il n’y a rien d’étonnant, ni de terrible. Seulement ce processus consomme terriblement une ressource non renouvelable et irremplaçable qui est le temps de la vie humaine.

Si seulement nous pouvions éliminer cette étape d’incompréhension, de méfiance (qui souvent peut s’avérer utile) et en particulier de résistance superflue et stérile, propre au conservatisme et à la peur devant le changement !  A quel point notre vie pourrait être plus efficace, productive, rapide et utile…

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